Sahara et cultures nomades, site d'eric milet

Petite biographie

eric milet et les touareg

 
Indépendant et mal à l'aise à l'école, je me passionne néanmoins très tôt pour la géographie et les cultures nomades. Mes premiers livres de chevet furent des atlas et des récits de voyage, ceux de Jack London en particulier. La Terre me fascine, comment tourne-t-elle ? Quelle place occupe-t-elle dans l’infini de l’espace ? Pourquoi existe t-il un nord, un sud ? Quelle est cette simultanéité qui relie l’homme à son socle ? Depuis combien de temps ? Autant de questions qui me pousseront vers mon premier voyage, à l’âge de 15 ans : le Cap nord et la Laponie, puis partout où mes pas me mèneront en Europe. De mes expéditions, je rapporte des carnets de voyages remplis de poèmes et d’anecdotes, mais aussi des photos, ce qui me vaut en 1978, un prix au salon international de la photographie de Nantes. Mais c’est en 1980 et 1981, lors de mon affectation au titre de la coopération technique en Algérie, que le « déclic saharien » s’opère. Je travaille à la section photo du Centre culturel français d’Alger et sillonne le Grand Désert, du Maroc à l’Égypte. Ma première transsaharienne, je la fais au volant d’une Peugeot 404, en février 1981.
Dès mon retour en France fin 1981, je n’ai qu’une chose en tête : repartir. Alors, fort de mon expérience saharienne, je crée l’association « Vent de sable », qui propose des voyages dans le Sahara algérien dans un premier temps, puis au Mali, au Niger, en Libye.
Une brève incursion dans le monde du boomerang me vaudra le titre de champion de France en 1986. Mais l’appel du désert est le plus fort et, en 1988, un an jour pour jour après la naissance de mes premiers enfants (des triplés : Soline, Hugo et Chloé), je décide de partir pour une traversée nord-sud du Sahara en speed-sail (planche à voile à roulettes), en autonomie totale avec assistance (réalisée en octobre 1989). À mon retour, les médias font largement écho des 1 150 kilomètres parcourus, les émissions télé se succèdent et les sponsors sont plus faciles à décrocher.
En mai 1991, je m’élance pour le désert de Gobi, en Mongolie – pays qui vient tout juste de libérer du joug soviétique - et boucle les 1 183 kilomètres de désert, au terme d’une traversée de dix-sept jours. Au retour de cette expédition – qui figurera pendant plus de dix ans au livre des records –, l’exploit personnel n’a plus de sens pour moi. Les années « Usuhaïa » ont vécu, Je vais m’orienter vers une approche plus artistique du rapport au désert.
1992 : naissance de Maya-Tatanka et rencontre avec le peintre Benoît Sire. En janvier 1993, Je pars avec Sire pour l’Amérique du Sud, afin de relier les glaces continentales de la côte pacifique du Chili à l’océan Atlantique, en Argentine. Cette traversée ouest-est de la Patagonie fait l’objet d’un film de vingt-six minutes réalisé par France 3 qui avait en partie financé le projet.
À mon retour, le mythe est consommé.  Neéanmois, je décide de construire ma vie autour du désert. Je continue de voyager pour photographier, pour écrire : Namibie, Australie, Etats-Unis, et plus que jamais le Sahara, où je mets sur pied des circuits touristiques pour des agences de voyage. Ma connaissance du désert intéressera le constructeur Nissan, lequel me confiera pendant 8 ans l’organisation des circuits à l’étranger pour fidéliser sa clientèle dans le cadre d'un programme appelé "Nissan Aventure". Entre-temps, je commence ma collaboration au Guide du Routard tout en menant à bien des missions de conseil pour divers organismes dans le Sahara, au Maroc, notamment.
De 1996 à 2001, je collabore aux « Écoles du Désert », une opération humanitaire qui visait à faire découvrir l’Afrique à une soixantaine d’enfants européens. Entre 1999 et 2006, l’Inde et plus particulièrement le Rajasthan m’accueillera plusieurs fois par an, notamment pour y encadrer des groupes de touristes.
En 2000, je signe mon premier contrat d’édition chez Arthaud, tandis que je continue à sillonner l’Afrique du Nord et de développer des niveaux circuits, en Libye notamment.
Le 6 janvier 2003, je reprends la trace de Roger Frison-Roche et réédite en 38 jours de marche la transsaharienne entre Tamanrasset (Algérie) à Ghat (Libye) que ce dernier avait effectuée en 1950 afin de réaliser le premier film en couleur sur le Sahara.  De cette expédition sortira un livre « Sahara sur les traces de Frison-Roche », qui en appellera d’autres : «  Tombouctou Réalité d’un mythe » en collaboration avec le regretté Jean-luc Manaud, puis « L’Orient Rêvé » en 2008. Ma rencontre avec Michel Onfray en 2004 autour de son livre « L’esthétique du Pôle Nord » sera déterminante sur ma manière de percevoir le Monde. Nous partirons ensemble à Bamako, puis à Tombouctou, avant de nous retrouver à Chambois. Une amitié naîtra. C’est ma grande période africaine, avec de nombreuses expéditions en pays dogon, au Mali, au Niger, pour la réalisation de courts métrages pour la télévision. Un repérage pour une fiction-documentaire réalisée par Serge Dubor me fera parcourir le Sahara pendant pratiquement 3 ans. Le film ne verra malheureusement jamais le jour. En 2009, Ma rencontre avec Martine Lani-Bayle, Docteur en sciences de l’éducation, se traduira par 2 ouvrages, dont le dernier explore les différentes manières de raconter sa vie sur fond de résilience. Puis ce sera quelques expos photographiques : « Traces de sel », « Dans le regards de l’autre » et surtout le projet Abaraqa, qui visait, pour les candidats au voyage, l’immersion totale au cœur du Sahara libyen ; un projet stoppé net par la guerre contre Kadhafi. Aujourd’hui je collabore toujours avec autant de plaisir avec le Routard, qui me fait parcourir le monde.